Un choix cornélien
La nouvelle zone commerciale est constituée, d’une part, de terrains privés, d’autre part, de terrains communaux, tous étant destinés à la vente.
Son aménagement a été financé par de l’argent public, Mairie, Communauté de Communes et Conseil Général, afin de favoriser l’implantation d’activités économiques et donc la création d’emplois.
Depuis 9 mois, un couple souhaite acquérir une parcelle publique pour y construire un bâtiment, vendre des véhicules neufs et d’occasions, des motos et des pièces détachées, exercer une activité de tôlerie/peinture.
Un projet concurrent s’est fait jour, quelques temps après. Il s’agit cette fois d’un jeune homme qui souhaite vendre des véhicules d’occasion.
Le 18 mai dernier, chaque porteur est venu présenter son projet devant les membres de la commission économique, en vue de l’acquisition d’une parcelle de terrain public.
A cette occasion, le jeune homme a commencé à présenter son projet mais nous a fait savoir que la parcelle qui l’intéressait était celle appartenant aux propriétaires de la clinique vétérinaire, qui jouxte celle-ci.
L’adjointe à l’économie, présidente de la commission, surprise et gênée, a dit au jeune homme qu’elle pensait qu’il voulait acquérir la parcelle publique.
« Non, non, c’est bien la parcelle privée à coté de la clinique qui m’intéresse, d’ailleurs les propriétaires en sont informés ».
Visiblement l’adjointe au maire ne l’était pas!
Depuis le temps que l’on nous rabâche que Monflanquin est un petit village où tout le monde se connait, le Maire/propriétaire n’a pas eu le temps (ou l’envie?) semble-t-il, de prévenir sa propre adjointe à l’économie.
Le couple avec enfants désirant investir 175 000 euros avec la construction d’un atelier sur un terrain qu’ils souhaitent acheter à la municipalité, nous a fait savoir qu’il avait été reçu à deux reprises par le Maire, mais sans avoir jamais reçu aucune réponse de sa part. Depuis 9 mois.
Cette dame et son compagnon étaient très surpris de constater que le projet concurrent qui prévoyait initialement l’installation d’un simple Algeco (bâtiment temporaire transportable), s’était transformé depuis le dépôt de leur dossier en mairie, en la construction d’un bâtiment « en dur ».
N’est-il pas difficile pour un Maire d’avoir à vendre des terrains municipaux sur une zone économique, tout en étant également copropriétaire d’un terrain privé qu’il souhaite vendre dans le même temps?
Choix cornélien? Conflit d’intérêts*?
Chacun se fera son opinion.
*« Un conflit d’intérêts implique un conflit entre la mission publique et les intérêts privés d’un agent public, dans lequel l’agent public possède à titre privé des intérêts qui pourraient influencer indûment la façon dont il s’acquitte de ses obligations et de ses responsabilités. »
(OCDE, 29e session du comité de la gouvernance publique, Paris, les 15 et 16 avril 2004)
