Un service social actif ?
La très souriante Présidente du CCAS nous décrivait récemment dans la presse un CCAS très efficace sur notre commune. Analysons d’un peu plus près les « actions » présentées dans cet article et voyons si elles sont si extraordinaires…
Actions en lien avec les services sociaux, information sur les services d’aide à la personne et aux familles, sur les associations…, aide pour remplir les dossiers de demande d’APA/APL, 22 logements sociaux, pose d’une ligne directe et internet pour les assistants sociaux, soutien aux personnes âgées, demandes ponctuelles de secours.
En fait, ce descriptif expose de façon ostentatoire les attributions obligatoires de tous les CCAS de France!
Il est évident que le CCAS exerce sa mission en liaison étroite avec les institutions publiques (MSA, CAF) et privées (associations) auxquelles il doit offrir des conditions décentes de travail (internet enfin et ligne téléphonique).
L’instruction des demandes d’aides sociales légales figure dans les obligations d’un CCAS (aide médicale d’Etat RSA CMU APA…), le CCAS anime une action générale de prévention et de développement social dans la commune. Il doit, à minima, relayer l’information concernant les actions menées par les autres! (« planétarisation » de la MSA).
En ce qui concerne les 22 logements sociaux dont il est fait mention, ils ne sont pas gérés par le CCAS mais par un organisme départemental, CILIOPEE.
En conclusion, rien de très innovateur… et pourtant!
L’occasion d’être plus pertinente dans ses actions pour lutter mieux et plus efficacement contre la précarité a été offerte à la Présidente du CCAS, première adjointe au Maire.
En effet, à notre initiative, un groupe s’est constitué (composé notamment de socioprofessionnels de la santé, de responsables d’associations caritatives, de personnels de l’éducation nationale) et travaille depuis plusieurs mois pour analyser les données sociologiques récentes de la commune (collectées auprès de l’INSEE, de Pôle-Emploi, de la MSA, du Conseil Général…). L’objectif est de proposer d’établir une politique sociale cohérente au regard de la réalité des besoins de notre territoire.
Elle a publiquement refusé de prendre part à ce groupe de travail.
Il est vrai qu’une prise de conscience de la situation effective en matière sociale nécessiterait de se remettre en question, de modifier le peu qui est fait depuis tant d’années, déconnecté de la réalité du terrain.
De nos premiers travaux, il ressort pourtant que la population de Monflanquin est plus pauvre, plus âgée et plus fragilisée que la moyenne nationale, voire départementale.
1) Plus pauvre
55,5% des Foyers Fiscaux ne sont pas imposables sur le revenu.
27% des foyers fiscaux de la commune vivent en dessous du seuil de pauvreté (788 euros/mois) contre 13,4% en France.
11% de ces foyers fiscaux vivent avec moins de 572 euros de salaire et 16% ont mois de 674 euros de retraite. 13 familles aidées par le secours populaire possèdent comme unique revenu de 120 à 375 euros par personne!
5% des foyers fiscaux bénéficient du RSA de base.
2) Plus âgée
36,5% de la population a plus de 60 ans et 31% plus de 65 ans (19% en France) alors que 20% des personnes ont moins de 20 ans (23% en Lot-et-Garonne et 40% en France).
2) Plus fragilisée
25% des jeunes de 15 à 24 ans sont au chômage (contre 16% dans le Lot-et-Garonne) et les filles sont plus touchées (31%).
60% des chômeurs Monflanquinois sont des femmes, 12,6% des actifs sont des chômeurs et 14% exercent un travail précaire (cdd, intérim, contrat aide , apprentissage ;;;). 32,3% des femmes actives travaillent à temps partiel (choisi ou non).
Seulement 30% de nos enfants de 18 a 24 ans poursuivent des études post bac.
Voila donc « bien des domaines » que le CCAS ne peut plus désormais méconnaitre.
Il serait bon désormais d’être un peu plus humble lorsqu’on évoque les actions du CCAS qui s’avèrent bien modestes au regard d’une population qui se paupérise et qui a le droit de demander des comptes.
Pourquoi ne pas faire preuve à l’avenir d’un engagement éclairé ? (par d’autres!)
