La majorité municipale envisage de restructurer le chemin de Baleilles. Au dire de certains riverains, elle y travaille déjà depuis plusieurs années.
Nous avons assisté à une réunion avec le cabinet en charge de l’étude pour l’assainissement, préalable nécessaire aux travaux. En effet, 25 hectares ont été ouverts à l’urbanisation dans le cadre du PLU, de part et d’autre du chemin de Baleilles.
Le cabinet a donc travaillé pour dimensionner l’ouvrage chargé de récolter les eaux de ruissellement compte tenu de l’urbanisation qui va toucher ces terrains. Il préconise la création d’un bassin de rétention d’une capacité d’environ 6 500 m3, d’une longueur de 80 mètres pour une largeur de 40 et une profondeur 2 mètres. En cas de fortes précipitations, le bassin se remplit et se déverse lentement dans le milieu naturel (comme une baignoire dont le bouchon resterait ouvert).
En 1999, une étude préalable à la mise en place du schéma général d’assainissement a été menée par un bureau spécialisé, notamment pour traiter les eaux de ruissellement de la Bastide sur le bassin versant du chemin de Baleilles. C’est donc tout naturellement que le cabinet en charge de l’étude d »assaisnissement actuelle qui en a pris connaissance, a demandé quels avaient été les travaux réalisés parmi ceux préconisés à l’époque. Réponse gênée des « anciens » élus et du technicien municipal: aucun.
Au fait, combien cette étude avait-elle coûté aux contribuables monflanquinois?
Une partie du réseau de la Bastide est donc sous calibrée, des habitations ont été construites depuis, notamment une au dessus de la canalisation!
A la question « les emprises du schéma prévisionnel des voiries pour desservir ces 25 hectares sont-elles définies? » (il s’agit de la largeur des chaussées, des fossés, des trottoirs…), la réponse est également non!
A la question des emplacements ont-ils été réservés pour la création des équipements publics? (bassin de rétention d’eau par exemple, espaces verts, voiries, parkings….). Même réponse négative, hélas.
Le bureau d’étude va donc calibrer un deuxième ouvrage pour traiter également les eaux de cette partie haute, en attendant de « voir ce qui peut être fait » par les services techniques municipaux. L’ouvrage prendra en compte l’emprise des voiries qui vont être dimensionnées par les services techniques de la communauté de communes, bien tardivement malheureusement.
Ne fallait-il pas se poser des questions en amont de ce projet qui consistait à ouvrir 25 hectares d’un seul coup à l’urbanisation et définir des règles strictes d’urbanisme ?
Comme aucun règlement de lotissement n’a été élaboré, en dehors des règles du PLU (peu contraignantes), la commune ne peut plus aujourd’hui imposer des conditions sur la localisation des éléments bâtis, la préservation des espaces à protéger.
Avec un règlement de lotissement, la municipalité aurait pu définir ses objectifs de programme, réfléchir à la diversification possible des formes d’habitat et des types de logements, préciser les densités souhaitées, définir le degré de mixité et de diversité de l’habitat, définir les types d’espaces collectifs à réaliser: espaces verts d’agrément ou de jeux, stationnements visiteurs. Bref garantir une urbanisation maîtrisée, un projet pensé pour l’avenir, intégré dans son environnement.
Elle aurait pu intégrer des éléments fonctionnels (traitement d’eaux pluviales, liaisons avec le tissu existant,…), prévoir la gestion des espaces collectifs, définir le phasage possible de l’opération.
Rien de tout cela n’a été prévu.
25 hectares ouverts à l’urbanisation en une seule fois, sans phasage, sans programme, sans dimensionnement des équipements publics, sans réservation des terrains pour leur réalisation.
La Mairie devra donc acheter au prix fort du terrain constructible pour réaliser ces équipements.
Et puis 25 hectares, ce sont environ 250 maisons et 500 véhicules/jours de plus dans un avenir pas si lointain, sur le petit chemin de Baleilles que la majorité municipale souhaite garder « à dimension humaine pour les piétons et les vélos ».
Peut-on raisonnablement songer à engager des travaux pour la restructuration de ce chemin quand pas grand-chose, pour ne pas dire rien, n’a été prévu ?
Le chemin de Baleilles, futur boulevard de Monflanquin ?